Votre startup est-elle un « must have » ?

J’ai déjà eu l’occasion de recommander aux entrepreneurs du web de concevoir un produit ou un service « must have » plutôt que « nice to have« . Vous excuserez, j’espère, l’emploi de ces anglicismes car ils ont l’avantage d’aller droit au but.

Il est simple aujourd’hui d’entreprendre sur le web. L’hébergement ne coûte rien, ou presque, les CMS open-source (WordPress, Prestashop, Drupal) permettent de monter un site à moindre coût. L’existence de places de marché de prestations informatiques (suivez mon regard) permet également de trouver très simplement des compétences.

Pourtant, cette facilité à créer n’engendre pas une facilité à réussir. J’ai expliqué, dans mon précédent billet sur le marketing des startups, les fondements de ce que je pense être une bonne stratégie marketing pour les startups. Et l’une de mes recommandations est de créer un produit ou un service « must have », c’est à dire que les utilisateurs ne pourraient s’empêcher de l’utiliser.

Si votre startup vend un produit ou un service "must have", les clients en voudront toujours plus !

Voici donc un un petit sondage à appliquer au business model de votre startup. Si vous avez un maximum de oui, alors vous concevez un produit « must have ». Sinon, vous êtes probablement dans un modèle « nice to have ». Un produit « nice to have » peut marcher, mais n’est-il pas plus intéressant de lancer un produit « must have » ?

  • Votre startup résout-elle un problème crucial pour vos clients par opposition à un problème dont tout le monde s’accommode ?
  • Votre technologie repose t-elle sur autre chose qu’un site web (en gros, sur autre chose qu’un script PHP et une base MySQL) ?
  • Votre offre repose t-elle une combinaison d’au moins 4 compétences différentes (par ex. : maitrise technologique du streaming temps réél, expertise légale, compétence en logistique, montage d’un call center de support client, utilisation d’un moteur 3D sur mobile etc.) ?
  • Votre startup possède t-elle une technologie propriétaire ou repose t-elle des partenariats exclusifs avec des acteurs forts du marché ?
  • Quand vous lancez votre startup, vous attendez-vous à des attaques de vos concurrents ?
  • Apportez-vous au moins 2x plus de valeur que vos concurrents à prix équivalent ?
  • Votre startup (au lieu de rajouter de l’effort et de la complexité) divise t-elle par 10 le temps requis pour accomplir une tâche rébarbative pour vos clients ?
  • Transformez-vous un modèle payant en un modèle gratuit (qui génère du revenu d’une autre façon qu’en facturant vos clients) ?
Questions bonus :
  • Quand vous avez eu l’idée, avez-vous d’abord pensé « excellente idée, mais c’est impossible » ?
  • Quand vous présentez votre startup, on vous répond « sérieux ? » au lieu de  »ah oui, pas mal ! » ?

Voici ce qui me vient à l’esprit, je ne manquerait pas d’ajouter des points s’il m’en vient d’autres !

5 réflexions au sujet de « Votre startup est-elle un « must have » ? »

  1. Je pense que c’est un excellent conseil que tu fais aux startupeurs. Le monde startup a trop de nice-to-have qui sont principalement des améliorations (des fois légères) de services existants. Il ne suffit pas de faire quelque chose « mieux » il faut proposer quelque chose de nouveau et nécessaire.

    Par contre, je n’adhère pas à ta question « Transformez-vous un modèle payant en un modèle gratuit ? ». C’est un piège de croire qu’on peut rendre un service payant en service gratuit (avec revenus autre que transactionnels). Ca marchera peut-être au début mais les modèles de revenus alternatifs sont souvent foireux. Et de surcroit ça provoque un pourrissage du marché où le client voit tellement de services gratuits qu’il oublie qu’ils ont une valeur.

    1. Oui je suis d’accord avec ta critique. Ceci étant mon intention n’était pas de faire une obligation du modèle gratuit. Mais il est clair que le fait de rendre un service autrefois payant en gratuit permet de faire monter la valeur et donc de transformer un service pas forcément « énorme » en must have. Mais bon, je suis bien placé pour dire que les services payants c’est bien aussi :)

  2. C’est une très belle analyse. Une sorte d’étude de marché avant de lancer un produit ou un service. Je trouve que les questions sont pertinentes et pour certaines jamais vues ailleurs comme par exemple : Apportez-vous au moins 2x plus de valeur que vos concurrents à prix équivalent ?

    En ce qui concerne le business du gratuit, je suis d’accord en partie avec Pierre-Antoine. Mais au fond, le problème n’est pas le service gratuit en soi. Tout dépend du domaine, de la solution proposée, des solutions alternatives, du business model…

  3. Bonjour,

    J’adhère beaucoup à l’analyse faite et de la différence majeure à faire entre le « must have » et le « nice to have ».
    C’est une erreur fondamentale que nos cerveaux créatifs peinent à prendre en compte pour le lancement de nouvel startup.
    En revanche, dans la définition des facteurs il y a certaines zones d’ombre que j’aimerai que vous éclaircissiez:
    - « Votre technologie repose t-elle sur autre chose qu’un site web (en gros, sur autre chose qu’un script PHP et une base MySQL) ? »
    > Qu’entendez vous par autre chose? avez-vous des exemples à donner ou avez-vous des exemples à donner de startups qui reposent uniquement sur un script PHP et une base MySQL?
    - Pourquoi au moins « 4″ compétences?
    Y-a-t-il une règle particulière? est-ce que cette règle est un « must have » ou un « nice to have »?
    - si je multiplie par 2 la valeur du produit en divisant par 10 le temps consacré à une tâche, ai-je un produit 20 fois plus compétitif?
    Là j’ironise un peu mais ce que je veux vous demander c’est vos méthodes de calcul pour déterminer ce genre d’indicateurs.
    Personnellement, je ne sais pas comment calculer, par exemple, « combien de fois Google présente plus de valeur que Bing? » Mais oui, je sais calculer le temps que je gagne par l’utilisation d’un service. Et je crois même que ce point est central et c’est celui-ci qui détermine la valeur du service. Donc, j’aurais aimé savoir comment vous calculer la valeur ajoutée d’un service? Avez-vous d’autres indicateurs?
    Concernant le gratuit:
    Je pense que votre point est incomplet et pourtant il mérite d’être étayé:
    .utilisation gratuite du service de base puis payante du service premium
    .vente d’un produit gratuit (ou quasi gratuit) puis maintenance ou consommables payants
    .utilisation d’un service gratuit mais rémunéré par la publicité (très peu de startups peuvent atteindre des sommets avec ce modèle)
    .service gratuit rémunéré par des bénévoles
    Le Freemium est le meilleur modèle pour toute startup qui se lance pour réussir à créer une accoutumance et développer un besoin. Et aujourd’hui cela précisément semble être un must have.
    Bref, j’ai lu votre article! ;)

    1. Merci d’avoir lu cet article, en effet :)

      Pour répondre à vos questions :

      - Sur la problématique des startups seulement basés sur un site PHP/MySql : la barrière à l’entrée est faible sur ce segment, l’offre est énorme, donc je déconseille cela de prime abord. Pensez à Youtube qui déploie des technologie d’encodage vidéo et de stockage énorme, ou à MeilleursAgents qui lie une technologie web à des accords avec des centaines d’agents immobiliers. On est sur autre chose qu’un site de recettes par exemple.

      - Sur les 4 compétences : c’est un chiffre arbitraire mais que j’ai choisi pour inciter mes lecteurs à se poser la question. Combien de compétences différentes ai-je besoin de rassembler ? Si vous montez un site web pur, vous avez besoin d’un développeur et d’un graphiste (je schématise) …

      - Sur la compétitivité : là aussi, c’est pour amener les lecteurs à réfléchir. Est-ce que ma boite est vraiment si géniale que ça ? Quelle différence je fais vraiment sur mon marché par rapport à mes concurrents ? Les clients ne prennent pas le risque de changer de solution, sauf si la nouvelle offre leur permet vraiment de passer un palier.

      - Sur le gratuit : c’est un point effectivement à développer (l’occasion d’un nouveau billet, tiens). C’est un point un peu provocateur je l’admet, mais là aussi, ça porte à réfléchir. Pourquoi faire payer un service qui pourrait être gratuit ? Si Youtube ou Google Analytics sont gratuits, pourquoi un CRM ou un ERP en SaaS ne le serait pas (au moins sur la base d’un freemium) ? Techniquement et financièrement, on est loin des deux exemples ci-dessus alors pourquoi faire payer ?

      Bref, merci d’avoir lu l’article et merci pour vos excellentes questions.

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