Végétarisme, 6 mois après
nov 22
Voilà 6 mois presque jour pour jour que je suis devenu végétarien. Un terme plus approprié serait végétalien puisque je ne mange rien qui a une origine animale : viande et poisson bien sûr, mais aussi oeufs et produits laitiers.
Ma décision de changer radicalement de régime alimentaire, je l’ai expliqué dans un précédent billet. Aujourd’hui, rien a changé. Je suis toujours convaincu du bien fondé de cette orientation alimentaire. Mais voici un petit résumé de ce que j’ai traversé et ressenti pendant ces 6 derniers mois :
Sur mon régime alimentaire réél :
- Je n’achète jamais de viande ni de produits laitiers, il y en a parfois à la maison mais seulement pour les enfants.
- Je transgresse parfois le régime, mais très rarement, 1 à 2 fois par mois maximum
- Je mange beaucoup de légumes, de fruits secs, de céréales et de fruits frais.
Sur ma santé :
- J’ai perdu de façon stable 6 kg et ce, sans limitation de quantité : je mange beaucoup et je n’ai jamais faim
- Je suis passé de 2,38 g/L de cholesterol à 1,98 g/L (la limite supérieur de la « normale » est 2,00 g/L) … note : je ne suis pas passé à un régime sans alcool.
- Mon fer a baissé de 40% mais reste plus de 2x supérieur à la limite basse
- J’ai une minuscule carence en vitamine B12 : 193 pg/L alors que la limite basse est de 197 pg/L. Le docteur n’a pas jugé bon d’en prescrire.
Sur ma forme :
- Excellente forme générale
- Pas eu de rhume ou de toux depuis 6 mois
- Resistance physique accrue, meilleure endurance même pendant les efforts relativement violent (boxe)
Sur le goût :
- J’ai redécouvert la nourriture d’origine végétale et ce qui la rend excellente : piment, ail, oignons, herbes, condiments, huiles végétales, mais aussi chocolat, cannelle, sésame, soja …
- J’ai perdu le goût de la viande transformée : saucisses, saucisson, patés etc. J’ai passé 36 ans a adorer ça, aujourd’hui ça m’écoeure presque.
- Je n’ai plus envie de manger de la viande et du poisson : même si l’idée m’intéresse encore (manger un gros steak saignant), cela ne m’obsède pas.
- Le fromage, c’est plus dur. Même si c’est rare, je craque plus facilement sur un plat fromager, gratin etc. Il faut dire qu’habiter en Haute-Savoie n’aide pas.
Sur les animaux :
- Notre culture fait qu’on voit la viande comme une matière première. On arrive très bien a aimer les chats, chiens, dauphins, à leur prêter des sentiments humains et à considérer qu’il est normal d’élever des animaux (vache, porcs, poules) en batterie et de les tuer pour les manger. Même si je ne suis pas complètement sorti de ce trip collectif, j’avoue que quand je vois de la viande dans mon assiette, j’ai l’impression de manger « aux dépends d’autrui » (la bestiole qui est dans l’assiette). Ce qui me rend la viande bien moins appétissante.
- Je pense qu’il est acceptable de manger de la viande, pas forcément souvent. Mais j’ai de moins en moins d’indulgence pour l’industrie agro-alimentaire qui génère de la souffrance animale pour nous approvisionner en nourriture coûteuse, non-écologique et surtout pas bonne pour la santé (grasse, pleine d’antibiotiques). J’ai plus de respect pour le petit paysan local qui traite bien ses quelques bêtes et le chasseur « raisonnable » que pour la viande en barquette.
Sur la vie en société :
- Je ne suis pas un intégriste, j’accepte quelques écarts et je ne cherche pas à convaincre. Ca se passe donc très bien. En plus, mes amis et ma famille pensent toujours à me faire un plat, ou un apéro vegan-friendly.
- Pour manger au restaurant, c’est plus compliqué. Faites le test et regardez une carte : souvent, tous les plats contiennent de la nourriture d’origine animale. Donc, les restos chinois, japonais, indiens et libanais constituent la base du végétarien de sortie.
Pour finir, je dirais que je suis très content d’avoir adopté ce mode de vie. Décontracté par rapport à ce que je mange, en meilleure santé, avec l’impression de faire tous les jours, même de façon imperceptible à l’échelle de la planète, une chose positive. Mais tout cela sans faire de prosélytisme ni de culpabilisation : chacun reste libre de sa culture et de ses croyances. Et d’ailleurs, si être végétarien, c’est vraiment mieux que l’inverse, les gens finiront par s’en rendre compte, non ?

Serge ® : Entrepreneur, auteur de livres et conférencier. 








Sans non plus être obligé de se contraindre à un régime végétarien ou végétalien (perso sans fromage, je meurs…), la plupart d’entre nous auraient beaucoup à gagner à redécouvrir qu’on peut se passer de viande et poisson pendant 5 jours dans la semaine. Surtout en hiver, période parfaite pour pommes de terre et courges
Amen
J’ai fait le test inverse pendant 4j : ne manger que du porc avec pour seul légumes des pommes de terre et en boisson du vin (midi et soir le régime, donc 8 repas).
Résultat, hum, c’était la fête dans mes toilettes
Sinon, dans la vraie vie (oui, c’était une exception ce cas là), j’ai beaucoup réduit ma consommation de viande, le poisson, j’en mange que lorsque je suis sur la côte, ou alors je prend du poisson de la pêche locale.
Ce qui fait que j’ai du coup, beaucoup augmenté ma consommation de légumes
En tout cas, bravo. Pour le moment, je ne me sens pas de passer le cap, peut-être un jour, peut-être jamais, ou peut-être sous la contrainte (genre régime forcé)… On verra bien.
Ca me parait une bonne philosophie, de la viande et du poisson de temps en temps, quand c’est bon
Analyse très intéressante…
Personnellement le rapport Campbell ( que j’avais d’ailleurs découvert dans l’un de très précédent billet) m’a totalement convaincu des bienfaits d’une alimentation à faible teneur en produits d’origines animales et j’ai sauté le pas depuis environ 2 mois
Super, ce livre est énorme en effet
Végétarien depuis bientôt 7 ans après avoir été un bon viandard pendant plus de 25 ans, je trouve que ton regard est une grand bouffée d’air frais: et oui on peut être végétalien sans être extrémiste!
Tu n’as pas de carence et c’est tant mieux, je penses aussi que tu as fait attention à ton alimentation, mais je me permets d’insister, lors d’un changement rapide de régime alimentaire, il faut apporter une attention particulière à l’équilibre du nouveau régime, notre corps peut s’adapter sans problème à un nouveau régime, même si il est végétalien et très différent du précédent, à condition qu’on lui apporte ce dont il a besoin.
J’ajouterais 2 choses:
- Sur la forme: j’ai pu constater que la digestion est généralement plus fluide
- Pour la vie en société, les restos italiens ont presque toujours des plats végétariens, à condition d’aimer les pâtes ou les pizzas!
Oui, niveau transit, c’est vraiment le jour et la nuit. J’ai préféré passer cet aspect pour ne pas « entacher » ma e-réputation … Sinon oui, les restos italien c’est un bon plan mais ça dépend lesquels.
Ahaha, on y vient ;
suis végétarien (pas végétalien qui me parait + hard) depuis tout petit (par choix perso) et ceux qui me connaissent « physiquement » sont tjs surpris par mon allure plutôt rugbyman #stéréotypes
A mon sens un bon move que de ne plus s’empoisonner avec la viande bourrée d’hormones et autres saloperies
++
Je repense à notre dernière discussion sur le sujet et je croit que je vais finir par réduire ma consommation de viande.
En tout cas ça fait plaisir de voir qu’une autre manière de faire (par rapport à ce que la société nous dit) est possible.
Pierre
« Ne pas manger radicalement, penser plutôt à manger raisonnablement », passer de « viandard » à « végétalien » relève à mon avis presque de l’intégrisme, même si dans l’intégrisme ton acceptation des autres reste modéré. je connais des végétariens qui peuvent chercher à te convaincre des heures du mauvais comportement qu’un viandard a dans son alimentation.
Je pense qu’il est préférable de manger de la viande à fréquente réduite, en quantité raisonnable, sans s’en sentir obligé. Pour ma part nous nous limitons à 1 repas viande par semaine et 1 repas poisson par semaine, ce qui ne nous empêche pas de passer parfois 3 soirées de suite à manger de la viande -par pure coïncidence (vendredi c’était steak, samedi fondue vigneronne, dimanche midi rôti). En fait, c’est l’excès qui est mauvais: que du vert créée des carences, que de la viande et vous voilà sur-protéiné, trop de gras, trop de sucre…
S’agissant de la difficulté à différer de la « normale », je rejoins effectivement ton avis, comme tu le sais je suis allergique aux laits animaux (aussi en haute-savoie
), autant dire que si je supprime la viande, le poisson, le lait, je ne mange plus… il suffit de regarder le nombre d’aliments qui contient du lactose (il y en a jusque dans certaines marques de chips…)
PS: les restos italiens pour moi c’est foutu, ils mettent du fromage ou du beurre partout
Alors qu’au Etats-Unis le végétarisme et le végétalisme sont beaucoup plus répandus, on l’associe beaucoup plus rarement (voir presque jamais) à de l’intégrisme.
La société française est aussi beaucoup plus imprégné par sa culture culinaire (cf Henri IV et sa poule au pot!), ce qui explique probablement le poids de la tradition
Hey Charles, ca fait longtemps. Fun de te retrouver ici… quoi de neuf
?
Hello Sylvain, pardon pour la réponse tardive, long time no see, tout va bien, depuis 2 ans entre Grenoble et Valence et toujours végétarien comme tu as pu le lire, à bientôt!
Bonjour Serge, tout d’abord merci pour ton lien vers le site http://www.aravis-haute-savoie.fr dans la page fromage, et pour revenir au végétarisme, je dois être un bon cas d’école car aujourd’hui j’ai 52 ans et je ne mange plus de viande depuis l’age de 20 ans. J’ai toujours travaillé beaucoup jusqu’a présent souvent 2 emplois et cela ne me dérange pas. Au niveau alimentaire je me casse pas la tête et je mange énormément de pâtes. Je mange aussi du riz en fait je varie très peu car j’ai pas trop le coeur à cuisiner. J’ai fais ce choix qui est un peu extrême ( car je ne suis pas contre une consommation raisonnable de produits sains )pour équilibrer la balance. Les gens globalement mangent trop de viande c’est sûr et en faisant cela ils mangent la part de céréales qui devrait revenir aux habitants des régions du monde qui sont déshéritées. En plus il y a une chose qui est sûr c’est que la viande industrielle n’apporte rien de bon à l’organisme, et que tout ce systeme ressemble à une antichambre de l’enfer. J’imagine qu’un jour quand les êtres humains auront évolués, qu’ils diront » tu te rends compte, avant nos ancêtre mangeaient de la viande «
Merci Guy pour ta contribution